Kew décrit Galanthus subalpinus : un nouveau perce-neige au mont Korab

Les botanistes de Kew viennent de décrire Galanthus subalpinus, nouvelle espèce de perce-neige des prairies subalpines de Macédoine du Nord. ADN, taille de génome, statut CITES : ce que ça change pour les jardiniers de bulbes.

Claire Deloffre

Par Claire Deloffre

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Les botanistes du Royal Botanic Gardens de Kew viennent de décrire formellement Galanthus subalpinus, une nouvelle espèce de perce-neige des prairies subalpines du mont Korab, à la frontière entre la Macédoine du Nord et le Kosovo. La description, publiée début mai 2026 et indexée par le portail Plants of the World Online de Kew, s'appuie sur des analyses de séquences ADN et des données de taille de génome qui confirment son statut d'espèce distincte des taxons voisins.

Le perce-neige est l'un des genres les mieux étudiés de la flore européenne. Voir une nouvelle espèce décrite en 2026, alors que le genre comptait déjà une vingtaine d'espèces reconnues, rappelle qu'il reste des trous taxonomiques même sur les groupes les plus suivis. G. subalpinus pousse au-dessus de 1 800 mètres, dans les pelouses ouvertes que la fonte des neiges libère en mars-avril.

Touffe de perce-neige (Galanthus) en fleur dans l'herbe, fleurs blanches retombantes typiques au-dessus du feuillage linéaire vert

Le genre Galanthus compte désormais plus d'une vingtaine d'espèces reconnues, toutes protégées au titre du CITES Annexe II.

Photo Kate Cullen / Unsplash

Pourquoi cette description compte

Au-delà de l'intérêt botanique, le statut d'espèce ouvre la question de la conservation. Les Galanthus européens font l'objet d'un suivi CITES (Annexe II) en raison du prélèvement sauvage pour le marché horticole. Une nouvelle espèce identifiée signifie qu'il faut désormais évaluer sa rareté, son aire de répartition, et la pression de cueillette dans les massifs concernés.

Sur le mont Korab, le perce-neige cohabite avec d'autres bulbes : crocus, scilles, fritillaires. Les jardiniers amateurs de bulbes botaniques connaissent déjà la sensibilité de ces milieux aux changements climatiques. La fonte des neiges qui se décale précocement perturbe la phénologie, et les pelouses subalpines voient leur saison de croissance raccourcir.

Et au jardin ?

À court terme, G. subalpinus ne sera pas commercialisé. Les nouvelles espèces décrites ne franchissent les portes des pépinières que des années (souvent des décennies) après leur publication scientifique, le temps que des collections en culture se constituent. Si vous cultivez déjà des perce-neige (G. nivalis, G. elwesii, G. woronowii sont les plus courants en jardinerie française), gardez en tête que ces bulbes se naturalisent volontiers en sol frais sous arbres caducs.

Les bulbes de perce-neige se plantent en automne, à 5 à 8 centimètres de profondeur, dans un sol enrichi de feuilles décomposées. La pratique professionnelle recommande la plantation "in the green", c'est-à-dire avec le feuillage encore vert, juste après la floraison.

Source

L'annonce s'inscrit dans la mise à jour régulière de Plants of the World Online par Kew, base de données qui compte désormais plus de 1,4 million de noms de plantes vasculaires. Pour les jardiniers curieux de taxonomie, c'est l'outil de référence pour vérifier le nom valide d'une espèce et son aire de répartition.

Pour aller plus loin sur les bulbes adaptés au climat français, voir notre hub fiches plantes et la catégorie au jardin, qui suit le calendrier mois par mois.