Mycorhizes : l'INRAE décrypte la conversation plantes-champignons

Une publication INRAE du 15 avril 2026 éclaire la signalisation chimique entre racines et champignons mycorhiziens. Ce que ça change pour le jardinier.

Claire Deloffre

Par Claire Deloffre

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Comment les plantes choisissent-elles leurs partenaires fongiques ? Un article publié par l'INRAE le 15 avril 2026 fait le point sur les dernières avancées de la recherche sur la symbiose mycorhizienne, l'association souterraine entre racines et champignons qui concerne plus de 80 % des plantes terrestres.

Les chercheurs de l'unité IJPB de Versailles ont identifié un nouvel ensemble de molécules de signalisation chimique par lesquelles les plantes et les champignons mycorhiziens arbusculaires dialoguent avant même de s'associer. Un résultat qui change la compréhension de ce que l'on appelle communément « l'internet des plantes ».

Pourquoi ça compte au jardin

Les mycorhizes ne sont pas un gadget de jardinerie : elles multiplient par 10 à 1000 la surface d'absorption racinaire d'une plante, lui donnent accès au phosphore et à l'eau en profondeur, et la protègent de certains pathogènes. Un sol pauvre en champignons mycorhiziens (typiquement un sol labouré ou compacté, ou un terreau hors-sol stérile) est un sol où la plante doit tout faire seule.

Les gestes qui favorisent les mycorhizes au jardin : ne pas retourner la terre, pailler pour garder l'humidité et la fraîcheur, éviter les engrais chimiques azotés qui suppriment la symbiose, planter des arbres et des vivaces (mycorhizes durables), et laisser les racines mortes se décomposer sur place après arrachage d'un plant annuel.

Inoculer ou pas

Les inoculums commerciaux de mycorhizes (poudre ou granulés à mettre au fond du trou de plantation) sont utiles dans deux cas : plantation en sol neuf (terre de remblai de construction, par exemple) ou culture en pot grand format. Dans un sol de jardin établi et non labouré, les champignons sont déjà présents et l'inoculation n'apporte rien. Selon d'autres publications INRAE récentes, la meilleure source de mycorhizes reste le maintien de racines vivantes en permanence dans le sol, ce qui implique la rotation avec des engrais verts et la conservation des vivaces.

Pour aller plus loin, la fiche « Démarrer un jardin sec » détaille les pratiques qui préservent la vie microbienne du sol.