Restrictions d'eau : ce que vous avez encore le droit d'arroser au potager

Au 1er juillet, 84 départements comptent des communes en restriction d'eau. Comment lire les niveaux d'alerte, garder son potager en vie et rester dans les clous.

Hugo Mercier

Par Hugo Mercier

Nous suivre sur Google

Au 1er juillet, la sécheresse a basculé dans le dur. D'après VigiEau, le service public de l'eau, 84 des 96 départements métropolitains comptent déjà au moins une commune soumise à des restrictions, et 27 sont concernés par un niveau de crise, le plus sévère. Sur les deux derniers mois, le bilan hydrique s'approche de 1976, l'année de référence des grandes sécheresses, et une troisième canicule est attendue dès le 5 juillet.

Ces restrictions se déclinent en quatre niveaux (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise), fixés par arrêté préfectoral, département par département. D'un niveau à l'autre, ce que vous avez le droit d'arroser, et à quelles heures, change. Comme la carte s'étend semaine après semaine, mieux vaut savoir s'y retrouver sans risquer l'amende, tout en gardant son potager en vie.

Arrosoir métallique à pomme versant l'eau au pied de jeunes plants de potager en bac

L'arrosoir manuel reste souvent autorisé quand le tuyau est interdit : vérifiez toujours l'arrêté de votre commune.

Photo Benjamin White / Unsplash

Ce que vous avez encore le droit d'arroser

Bonne nouvelle : le potager est presque toujours traité à part. Ce qui saute en premier, ce sont les usages d'agrément : remplissage des piscines, lavage des voitures, arrosage des pelouses et des massifs fleuris. Le potager nourricier et les jeunes plantations, eux, restent généralement autorisés plus longtemps, mais avec des créneaux horaires imposés.

Le schéma le plus courant : en alerte, l'arrosage du potager est interdit aux heures chaudes (souvent de 8 h à 20 h) mais toléré le soir et la nuit ; en alerte renforcée, la plage autorisée se resserre encore, parfois certains jours seulement ; en crise, l'arrosage est le plus souvent interdit, l'arrosoir à la main pouvant rester toléré selon les départements. Ces règles varient d'un arrêté à l'autre : le seul réflexe fiable est de taper son code postal sur VigiEau pour connaître le niveau et les horaires exacts de sa commune.

Garder son potager en vie dans les clous

Respecter la règle et sauver ses légumes n'est pas contradictoire, à condition d'arroser plus malin plutôt que plus souvent.

  • Arrosez dans le créneau autorisé, tôt le matin ou tard le soir, au pied et jamais sur le feuillage : moins d'évaporation, plus d'eau qui atteint les racines.
  • Espacez et arrosez profond. Un gros arrosage tous les 3 à 4 jours force les racines à descendre et vaut bien mieux qu'un filet quotidien en surface, comme le détaillent nos 7 règles pour arroser sans gaspiller.
  • Utilisez l'eau non concernée par les restrictions : l'eau de pluie stockée et l'eau de cuisson refroidie restent libres. Notre guide de la récupération d'eau de pluie fait le tour des installations et de la réglementation.
  • Paillez et faites des choix. Un paillis épais divise les besoins par deux ; sacrifiez la pelouse (elle repart aux pluies) pour concentrer l'eau sur le potager et les jeunes plants.

Cette sécheresse précoce, dans la lignée de celle de juin, n'a plus rien d'exceptionnel : c'est la nouvelle donne des étés français. La vraie parade se joue en amont, en bâtissant un sol vivant et couvert et en choisissant des légumes et des variétés qui encaissent le sec, pour dépendre le moins possible du robinet le jour où il se ferme.