Arrêté du 9 mai 2026 : la pulvérisation par drone autorisée sur les vignes des Bouches-du-Rhône
Le ministère de l'Agriculture publie au Journal officiel une dérogation à l'interdiction de pulvérisation aérienne pour autoriser le drone sur certaines parcelles viticoles des Bouches-du-Rhône. Décryptage et contexte 2026.
Le ministère de l'Agriculture a publié au Journal officiel l'arrêté du 9 mai 2026 (semaine 20) qui établit une dérogation temporaire à l'interdiction générale de pulvérisation aérienne. Le texte autorise l'application de produits phytopharmaceutiques par aéronef circulant sans personne à bord, autrement dit par drone, sur certaines parcelles de vignes des Bouches-du-Rhône.
L'interdiction de la pulvérisation aérienne est en vigueur en France depuis 2009, conformément à la directive européenne 2009/128/CE qui pose le principe d'une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable. Les dérogations sont strictement encadrées : terrain pentu, accès difficile, urgence sanitaire.
Vignobles de Provence : sur les parcelles pentues des Bouches-du-Rhône, le drone supplée désormais le tracteur enjambeur pour la pulvérisation phytosanitaire.
Photo Gwyn Hay / Unsplash
Ce que change concrètement cet arrêté
Cette dérogation concerne les drones, pas les hélicoptères agricoles classiques. Les vignobles en forte pente des Bouches-du-Rhône, notamment dans le sud Vaucluse et les Alpilles, voient mal passer les tracteurs enjambeurs. La pulvérisation par drone permet une application précise sur des terrains où l'entrée d'engins est risquée pour le viticulteur, voire dangereuse.
L'arrêté ne fait pas saute-mouton sur les principes : les produits phytopharmaceutiques utilisés restent ceux autorisés en agriculture (homologation classique), et la zone non traitée riveraine s'applique. Mais il acte un point réglementaire que le secteur viticole attendait : la pulvérisation par drone n'est plus traitée comme la pulvérisation aérienne traditionnelle.
Et pour les jardiniers particuliers ?
Le texte ne concerne pas le jardin amateur. Mais il s'inscrit dans un contexte plus large : la pression sur les pesticides ne baisse pas. Une proposition de loi en discussion au Parlement propose une interdiction totale des traitements chimiques et biochimiques dans les jardins particuliers à partir de 2026. Le texte n'est pas encore voté et son périmètre reste discuté, mais la trajectoire est claire : les pesticides reculent partout.
Pour les jardiniers, cela renforce l'intérêt des solutions naturelles : paillage minéral et granulés phosphate de fer contre les limaces, savon noir dilué contre les pucerons et cochenilles, rotations au potager, biodiversité auxiliaire.
Le contexte réglementaire en 2026
Le registre phytosanitaire numérique deviendra obligatoire à compter du 1er janvier 2027 (report d'un an). Les exploitants devront enregistrer leurs interventions phytosanitaires sous format numérique. Côté formation, les certificats Certiphyto DENSA ou DEA expirant fin 2025 ou début 2026 restent valides au maximum jusqu'au 10 mai 2026, après quoi le renouvellement s'impose, sans conseil stratégique préalable depuis août 2025.
Pour le suivi des évolutions réglementaires côté plantes interdites au jardin et solutions de remplacement, voir notre dossier diagnostic et le hub conseils.