Doryphore : reconnaître et protéger pommes de terre et aubergines

Le doryphore dévore vos pommes de terre et aubergines ? Reconnaître l’adulte, les larves et les pontes, et lutter par ramassage, rotation et Bacillus thuringiensis.

Camille Leroy

Par Camille Leroy

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Vos plants de pommes de terre ou d’aubergines se font dévorer en quelques jours, réduits à des squelettes de nervures ? Le coupable est presque toujours le doryphore, Leptinotarsa decemlineata. Voici comment le reconnaître à chaque stade et le tenir en échec, en privilégiant les méthodes les plus simples.

Doryphore adulte (Leptinotarsa decemlineata), élytres jaune-orangé rayés de noir, sur une feuille verte

L’adulte du doryphore, reconnaissable à ses dix bandes noires sur fond jaune-orangé.

Photo Jurjen Vos / Unsplash

Reconnaître le doryphore à chaque stade

L’adulte mesure 7 à 11 mm, bombé, avec des élytres jaune-orangé striés de dix bandes noires longitudinales, d’où son nom d’espèce decemlineata (dix lignes). Au revers des feuilles, il pond des amas d’œufs jaune orangé bien visibles. Mais ce sont surtout les larves, rouge orangé à points noirs et au dos bombé, qui font les dégâts : voraces, elles dévorent le feuillage en quelques jours, comme le décrit l’INRAE sur sa plateforme Ephytia.

Les dégâts et les plantes touchées

Le doryphore s’attaque aux Solanacées : avant tout la pomme de terre, mais aussi l’aubergine et, plus rarement, la tomate et le poivron. Une attaque non maîtrisée défolie complètement un plant, ce qui réduit fortement la récolte de tubercules ou de fruits. Surveillez vos rangs dès le printemps, quand les adultes sortent du sol après l’hiver, et inspectez le revers des feuilles voisines de vos cultures de Solanacées.

La parade la plus simple : le ramassage

Sur un potager familial, le ramassage manuel reste la méthode la plus efficace et la plus écologique. Passez tous les deux ou trois jours dès l’apparition des premiers adultes au printemps, et écrasez ou récoltez dans un seau d’eau savonneuse les adultes, les larves et surtout les pontes au revers des feuilles. Pris tôt, le foyer est vite jugulé. La rotation des cultures et la suppression des repousses de pommes de terre limitent aussi la pression d’une année sur l’autre.

La lutte biologique

Si l’infestation déborde le ramassage, la bactérie Bacillus thuringiensis var. tenebrionis est efficace, à condition de la pulvériser sur les jeunes larves, stade auquel elle agit le mieux. Les auxiliaires naturels (punaises prédatrices, certaines coccinelles, oiseaux) participent aussi à la régulation. L’INRAE recense ces solutions de biocontrôle et rappelle que la lutte vise en priorité les larves, plus vulnérables que les adultes.

Prévenir l’année suivante

Le doryphore hiverne dans le sol et ressort au printemps quand la terre atteint environ 14 °C. Pour casser son cycle : pratiquez une rotation longue en éloignant les Solanacées de l’emplacement de l’an passé, éliminez les pommes de terre de repousse qui lui servent de garde-manger précoce, et installez vos plants sous un voile en début de saison dans les secteurs très touchés. Un sol vivant et un jardin diversifié, riche en auxiliaires, fait le reste.

Le doryphore est-il dangereux pour la tomate ?
Il peut s’y attaquer, car la tomate est une Solanacée comme la pomme de terre, mais il la préfère nettement moins. Les dégâts sur tomate restent généralement marginaux ; surveillez surtout vos pommes de terre et vos aubergines, ses cibles favorites.
Le Bacillus thuringiensis marche-t-il sur les adultes ?
Non, ou très mal. Le Bacillus thuringiensis var. tenebrionis agit sur les jeunes larves qui l’ingèrent en mangeant le feuillage traité. Sur les adultes, le ramassage manuel reste la solution. C’est pourquoi il faut traiter tôt, dès l’apparition des premières larves.