Concombre : semis, palissage, arrosage et récolte

Cultiver le concombre (Cucumis sativus) : semis au chaud, palissage vertical, arrosage régulier sans mouiller le feuillage, récolte et culture en pot.

Hugo Mercier

Par Hugo Mercier

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Cultiver le concombre est à la portée de tous, à condition de lui donner ce qu’il réclame : de la chaleur, de l’eau et un support pour grimper. Cette cucurbitacée, Cucumis sativus, originaire des contreforts de l’Himalaya, pousse vite et produit en abondance de juillet à septembre dès que les nuits se réchauffent.

Cornichon et concombre sont la même espèce : ce sont des variétés récoltées plus ou moins jeunes. Le vrai sujet n’est donc pas la variété mais la régularité : un concombre qui manque d’eau ou souffre de la chaleur devient amer et tordu. Cette fiche détaille le semis au chaud, le palissage, l’arrosage sans faux pas et la récolte.

Carte d’identité de Cucumis sativus

Nom scientifiqueCucumis sativus
Noms communsConcombre, cornichon (mêmes espèce et variétés récoltées jeunes)
FamilleCucurbitacées
OrigineInde, contreforts de l’Himalaya
ExpositionPlein soleil, chaleur, à l’abri du vent
SolRiche, profond, frais et humifère
ArrosageRégulier et abondant, au pied, sans mouiller le feuillage
TempératureCroissance au-dessus de 12 °C, optimum 18-28 °C
ConduitePalissé à la verticale, 1,5 à 2 m
SemisAvril au chaud, plantation mi-mai à juin
RécolteDe juillet à septembre, échelonnée
RusticitéGélive, cultivée en annuelle
DifficultéFacile si la chaleur et l’eau suivent
Concombre vert allongé pendant sur le pied, feuillage de cucurbitacée en arrière-plan

Concombre (Cucumis sativus) sur le plant, prêt à être cueilli jeune et ferme.

Photo ATTOMY / Unsplash

En 3 points

  • Chaleur et eau : sous 12 °C il stagne ; un sol qui sèche puis détrempe rend les fruits amers.
  • Faites-le grimper : palissé à la verticale, il prend moins de place et reste sain, loin de l’humidité du sol.
  • Cueillez jeune et souvent : plus vous récoltez, plus le pied produit. Un fruit oublié épuise la plante.

Semis et plantation

Semez au chaud dès avril, à 20-22 °C, deux graines par godet posées sur la tranche pour limiter la pourriture. Gardez le plant le plus vigoureux. La mise en terre se fait à partir de la mi-mai, une fois les Saints de glace passés et le sol réchauffé, en espaçant les pieds de 60 cm. Le concombre fait partie des légumes de chaleur à installer en juin dans les régions au printemps tardif. Un sol enrichi de compost mûr et un emplacement abrité du vent assurent un démarrage franc.

Palisser et conduire le pied

Laissé au sol, le concombre s’étale, occupe de la place et capte l’humidité qui favorise les maladies. Palissez-le sur un grillage, des ficelles ou un treillis : les fruits pendent alors librement, restent droits et propres, et la récolte devient évidente. Pincez la tige principale au-dessus de la cinquième ou sixième feuille pour stimuler les ramifications qui portent les fleurs femelles, celles qui donnent les fruits.

Arroser sans mouiller le feuillage

Le concombre est gourmand en eau : composé à plus de 95 % d’eau, il a besoin d’un sol frais en permanence. Arrosez régulièrement et copieusement, toujours au pied, le matin de préférence. Évitez absolument de mouiller le feuillage, porte d’entrée de l’oïdium et du mildiou. Un paillage épais limite l’évaporation et lisse les variations d’humidité, qui sont la première cause d’amertume.

Système de goutte-à-goutte serpentant entre des rangs de légumes au potager

Le goutte-à-goutte apporte l’eau au pied sans mouiller le feuillage, idéal pour le concombre.

Photo Dmytro Glazunov / Unsplash

Récolter au bon stade

Récoltez les concombres jeunes, fermes et bien verts, entre 15 et 20 cm pour les types longs, au sécateur. Passez tous les deux ou trois jours en pleine saison : un fruit laissé jaunir sur le pied signale à la plante d’arrêter de produire et puise inutilement dans ses réserves. Une récolte assidue prolonge nettement la production jusqu’aux premières fraîcheurs.

Problèmes fréquents

  • Oïdium : feutrage blanc sur les feuilles en fin d’été, comme sur la courgette. Aérez, ne mouillez pas le feuillage (repères Ephytia).
  • Fruits amers : stress hydrique, chaleur excessive ou à-coups d’arrosage qui font monter la cucurbitacine.
  • Fleurs mâles seules au départ : c’est normal, les fleurs femelles, reconnaissables au petit fruit sous la fleur, arrivent ensuite.
  • Pucerons et araignées rouges : surtout par temps sec, à surveiller au revers des feuilles.

Cultiver le concombre en pot

Sur un balcon ou une terrasse, comptez un bac d’au moins 30 litres par pied, un terreau riche et un tuteur ou treillis solide. L’arrosage devient quotidien en pleine chaleur, l’eau s’évaporant vite. C’est un bon candidat pour un potager de balcon ensoleillé, à condition de ne jamais le laisser sécher.

Questions fréquentes

Pourquoi mes concombres sont-ils amers ?
L’amertume vient d’un excès de cucurbitacine, déclenché par le stress : manque d’eau, chaleur forte ou arrosage irrégulier. Maintenez le sol frais sans à-coups, paillez, et récoltez les fruits jeunes. Les variétés modernes dites amères ôtées y sont moins sujettes.
Concombre et cornichon, est-ce la même plante ?
Oui, même espèce Cucumis sativus. Le cornichon est simplement un concombre de variété adaptée, récolté très jeune et destiné à la conservation au vinaigre. Certaines variétés sont toutefois sélectionnées spécifiquement pour l’un ou l’autre usage.
Faut-il supprimer les fleurs mâles du concombre ?
Non. Sur les variétés classiques, les fleurs mâles assurent la pollinisation des fleurs femelles. Ne les retirez pas. Seules les variétés modernes dites parthénocarpiques produisent sans pollinisation et n’ont pas besoin de fleurs mâles.