Pucerons au jardin : 5 stratégies naturelles qui marchent
Pucerons au jardin : jet d'eau, savon noir, auxiliaires (coccinelles, syrphes, chrysopes), plantes répulsives et purin d'ortie. Biodiversité avant traitement.
Les pucerons sont les insectes les plus présents au jardin au printemps : colonies verdâtres ou noires agglutinées sous les jeunes pousses, feuilles qui se déforment et s'enroulent, miellat collant sur lequel vient se poser la fumagine noire. Leur cycle est fulgurant : une femelle produit 50 à 100 descendants par parthénogénèse (reproduction sans mâle), en une génération tous les 7 à 10 jours selon la température.
La première idée qui vient, l'insecticide, est la mauvaise. Un traitement chimique tue aussi les coccinelles, syrphes, chrysopes, qui sont les vrais régulateurs naturels des pucerons. Résultat, l'année suivante, les pucerons reviennent en force sans leurs prédateurs pour les contrôler, et il faut retraiter. Cinq stratégies non toxiques marchent bien, parfois seules, plus souvent combinées.
Au jardin, favoriser la biodiversité des insectes reste le premier levier contre les pucerons.
Photo Niklas Jakob / Unsplash
1. Le jet d'eau puissant
La plus simple et la plus sous-estimée. Un jet d'eau au tuyau, réglé en douche forte mais pas en lance, suffit à déloger 80 % d'une colonie jeune. Les pucerons détachés ne remontent pas, ils sont trop fragiles pour se réagripper à la tige ou pour reparcourir plusieurs dizaines de centimètres.
À faire le matin par temps sec, pour que les feuilles aient le temps de sécher en journée (éviter le mildiou). À répéter 2-3 fois à 4-5 jours d'intervalle. Marche bien sur rosiers, tomates, courgettes, arbres fruitiers bas. Sur les colonies installées depuis longtemps, à combiner avec la stratégie 2.
2. Le savon noir dilué
Le classique du jardin bio. Le savon noir (à base d'huile d'olive ou de lin, sans additif) dissout la cuticule cireuse qui recouvre les pucerons, ils se dessèchent en quelques heures.
Recette et usage :
Le savon noir reste doux pour la faune auxiliaire à dose normale, mais pulvériser sans excès : ne pas traiter les plantes en fleur si les abeilles butinent.
3. Favoriser les auxiliaires du jardin
C'est la stratégie de fond, celle qui évite les traitements répétés année après année. Les quatre principaux prédateurs des pucerons, listés par l'INRAE dans son dossier sur les auxiliaires :
Installer des abris (hôtel à insectes, tas de pierres, pots de paille) et maintenir une bande non tondue en bordure. L'Office français de la biodiversité (OFB) rappelle que la biodiversité du jardin se construit sur 2 à 3 saisons, pas en une pulvérisation.
4. Les plantes répulsives et pièges
Certaines plantes attirent les pucerons pour protéger les autres (plantes-pièges), d'autres les repoussent par leurs odeurs (plantes-répulsives). Les associations qui fonctionnent le mieux :
L'effet est modéré pris isolément mais se cumule bien avec les autres stratégies. Le potager en biodiversité (association plantes aromatiques, fleurs, légumes) a moins de pucerons que le potager en monoculture de rangées.
5. Le purin d'ortie dilué
En préventif et en stimulant, pas en curatif. Le purin d'ortie (Urtica dioica) contient des composés qui renforcent les défenses des plantes et repoussent les insectes piqueurs. Attention à la dilution, un purin concentré peut brûler le feuillage.
Préparation et usage :
Le purin d'ortie s'utilise aussi en mélange avec le savon noir. Les données de Tela Botanica recensent les travaux d'observation sur son effet préventif.
Pour conclure cette revue rapide : la meilleure stratégie contre les pucerons est la biodiversité à long terme, pas le traitement à court terme. Rotation des cultures (voir notre article sur les plantations d'août), fleurs mellifères en bordure, hôtels à insectes, abandon des insecticides de synthèse. Les recommandations de l'ADEME sur le jardinage au naturel vont toutes dans ce sens.