Cul noir de la tomate et du poivron : la nécrose apicale en été
Une tache noire et coriace au bout des tomates ou des poivrons en pleine chaleur : c'est le cul noir, une nécrose apicale. Pas un champignon, mais un problème d'eau et de calcium. Diagnostic et solutions.
En plein été, vos tomates ou poivrons développent une tache brune à noire, sèche et coriace, à l'extrémité opposée à la tige. Premier réflexe : sortir le traitement anti-maladie. Erreur. Le cul noir (nécrose apicale) n'est ni un champignon ni un parasite : c'est un trouble physiologique lié à l'eau et au calcium. Aucun fongicide n'agit dessus. La bonne nouvelle, c'est qu'il se corrige par la conduite de la culture.
La nécrose apicale apparaît sur les fruits en formation, par à-coups d'arrosage en pleine chaleur.
Photo Winston Chen / Unsplash
Reconnaître le cul noir, et ne pas le confondre
La nécrose apicale se reconnaît sans ambiguïté : une zone brune à noire, déprimée, comme du cuir, à la base du fruit (côté fleur, pas côté tige). Elle touche surtout les premiers fruits, les variétés allongées (roma, cornue) et les poivrons. Contrairement au mildiou (taches huileuses qui gagnent feuilles et tiges) ou à une morsure, elle reste cantonnée au bout du fruit et ne s'étend pas au feuillage.
Le reste de la plante paraît sain. C'est un signe distinctif fort : si seules les extrémités de fruits noircissent et que le feuillage va bien, c'est presque toujours le cul noir, pas une maladie contagieuse. Pour écarter le mildiou, voyez les premiers signes décrits dans notre article sur le mildiou de la tomate.
La vraie cause : l'eau avant le calcium
Le cul noir traduit un manque de calcium dans le fruit en croissance. Mais dans l'immense majorité des cas, le sol n'en manque pas : c'est l'eau qui ne circule pas régulièrement. Le calcium se déplace dans la plante avec le flux d'eau ; lors d'à-coups (sol sec puis arrosage massif, ou forte chaleur), le fruit en pleine croissance n'en reçoit pas assez et la pointe se nécrose. La fiche INRAE sur la nécrose apicale est claire : le facteur déclenchant est l'irrégularité de l'alimentation en eau, accentuée par la culture en pot et la chaleur.
Les facteurs aggravants : pots trop petits qui sèchent vite, excès d'engrais azoté (qui dope la croissance plus vite que l'apport de calcium), sols acides ou très potassiques. Apporter du calcium à l'aveugle (coquilles d'oeufs, chaux) est le plus souvent inutile si le sol en contient déjà : c'est la régularité de l'arrosage qu'il faut corriger d'abord.
Que faire maintenant, et prévenir
- Retirer les fruits atteints : ils ne guériront pas. Les ôter soulage la plante, qui reportera son énergie sur les suivants, souvent sains.
- Régulariser l'arrosage : arrosages réguliers et profonds, jamais d'à-coups. C'est LA mesure qui fonctionne.
- Pailler le pied : un paillage maintient le sol frais et lisse les variations d'humidité, donc l'apport de calcium.
- Lever le pied sur l'azote : pas d'engrais azoté en pleine crise ; il accélère une croissance que le calcium ne suit pas.
- Rempoter si c'est en pot : un volume de terre plus grand sèche moins vite et stabilise l'alimentation.
Une fois l'arrosage régularisé, les nouveaux fruits repartent sains en une à deux semaines. Le cul noir est donc moins une maladie qu'un signal : la plante vous dit que son eau est en dents de scie. Pour la conduite générale de vos pieds, voyez notre fiche complète sur la tomate. La fiche de la Royal Horticultural Society confirme le diagnostic et les mêmes leviers de correction.