Roses qui durent : 5 cultivars de juin résistants à la chaleur
Iceberg, rugosa, Pierre de Ronsard, Knock Out, Buff Beauty : 5 cultivars de rosiers qui passent juin et juillet sans flancher, gestes au pied et pièges à éviter.
Mi-juin, vos rosiers donnent leur premier vrai pic de floraison. La canicule de fin du mois va trier sans ménagement entre les cultivars qui tiennent et ceux qui crament en trois jours. Voici 5 variétés qui passent juin sans flancher, choisies pour leur réputation de tenue à la chaleur, leur remontée de floraison et leur tolérance aux sols séchants.
Pas de compromis sur le choix : un rosier qui souffre dès 32 °C est une plante condamnée à l'arrosoir tous les soirs. Mieux vaut investir une fois sur la bonne variété.
Pourquoi certains rosiers tiennent et d'autres pas
Trois facteurs se jouent au niveau de la plante elle-même : l'épaisseur du feuillage, la profondeur du système racinaire et la génétique du cultivar. Les rosiers anciens (galliques, Damas) et les rugosa ont un feuillage épais qui transpire moins, et des racines pivotantes qui descendent à 80 cm. Beaucoup de rosiers modernes greffés sur Rosa multiflora restent en surface et grillent dès la première vague de chaleur sèche.
La base climatologique de Météo France confirme que le mois de juin a gagné en moyenne 1,8 °C en France métropolitaine depuis 1990, avec des journées à plus de 35 °C qui arrivent désormais une année sur deux à partir du 15 juin. Choisir un rosier "tolérant chaleur" n'est plus un luxe.
Les 5 cultivars de juin qui tiennent
1. Rosa 'Iceberg' (synonyme : 'Schneewittchen')
Le rosier 'Iceberg', floribunda blanc quasi increvable.
Krzysztof Golik / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Floribunda blanc, créé en 1958, classé au panthéon de la RHS pour son AGM (Award of Garden Merit). Floraison continue de juin à octobre, feuillage qui ne brûle pas en plein soleil, et bonne résistance à la maladie des taches noires. Hauteur 1,20 m. Idéal en haie basse ou en isolé.
2. Rosa rugosa et hybrides ('Hansa', 'Roseraie de l'Haÿ')
Le rosier rugueux encaisse chaleur, embruns et maladies.
Robert Flogaus-Faust / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)
Originaire d'Asie du nord-est, le Rosa rugosa est documenté sur Wikipedia FR comme l'une des espèces les plus rustiques au monde, tolérant l'embrun, la sécheresse et le calcaire. Floraison en deux vagues, juin puis septembre. Cynorrhodons décoratifs en automne. Aucun traitement nécessaire.
3. Rosa 'Pierre de Ronsard'
'Pierre de Ronsard', grimpant aux fleurs en quartiers.
JLPC / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
Rosier grimpant moderne créé en 1985, fleurs en quartiers blanc-rose. Floraison juin et remontée septembre, tient jusqu'à 38 °C à l'ombre des heures les plus chaudes (mur exposé est ou nord-est). Sur mur plein sud, le bouton brunit avant ouverture par 35 °C : préférer une exposition plus tempérée.
4. Rosa 'Knock Out' rouge
'Knock Out' rouge : florifère et quasi sans entretien.
Wilfredor / Wikimedia Commons (CC0)
Créé en 2000 aux États-Unis, sélectionné expressément pour la chaleur du midwest. Floraison non-stop de juin à novembre, sans aucune taille intermédiaire. Tolère 38-40 °C sans interruption de floraison. Hauteur 1 à 1,40 m. La variété la plus simple à vivre pour un débutant en climat chaud.
5. Rosa moschata 'Buff Beauty'
'Buff Beauty', rosier musqué abricot et parfumé.
Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
Hybride moschata créé en 1939, fleurs jaune abricot, parfum musqué intense. Vraie remontée jusqu'aux gelées. Tolère le sec et la chaleur, surtout adapté aux jardins méditerranéens. À palisser légèrement sur 1,80 m de hauteur. Voir la fiche rosier Verdeur pour les principes généraux d'entretien.
Les gestes qui changent tout en juin
- Pailler épais dès la première semaine. 8 cm de paillage organique (BRF, paille, tonte sèche) ramènent la température au pied de 6 à 8 °C par rapport à un sol nu. C'est ce qui sauve les fines racines de surface.
- Couper les fleurs fanées au sécateur propre, juste au-dessus de la première feuille à 5 folioles. Stimule la prochaine vague de floraison en 4 à 6 semaines.
- Arroser profondément, jamais souvent : 30 litres au pied une fois par semaine en juin chaud, plutôt que 5 litres tous les jours. Les racines descendent vers l'humidité au lieu de monter en surface.
Pièges à éviter à la plantation et après
- Planter en pleine canicule. Si vous achetez en juin, conservez le rosier en pot à mi-ombre et plantez à l'automne suivant. Une plantation à 35 °C tue 4 rosiers sur 10 selon les pépiniéristes français.
- Couper la rosée du matin avec l'arrosage au-dessus du feuillage. Crée un terrain propice à l'oïdium et à la rouille. Toujours arroser au pied, paroi de l'arrosoir contre la base de la plante.
- Ignorer le pH du sol. La majorité des rosiers préfèrent un sol légèrement acide à neutre (6,0 à 7,0). En sol calcaire, ajouter 1 kg de compost mûr et 100 g de soufre élémentaire au pied chaque automne.
Demain matin, qu'est-ce qu'on fait
Sortez voir vos rosiers. Si le feuillage est gondolé ou roussi en bordure : c'est déjà le signal d'un manque d'eau profond, pas un coup de soleil ponctuel. Bassinage 30 litres au pied, paillage 8 cm dans la foulée. Pour les nouveaux pieds, attendez septembre. Côté planning, voir les 10 plantes à installer en juin pour ne pas surcharger le jardin avec des plants à risquer cet été.