Ambroisie : la campagne d'arrachage 2026 est lancée, comment la reconnaître au jardin

Du 15 au 30 juin, les Journées de lutte contre l'ambroisie invitent à repérer et arracher cette invasive avant sa floraison. Comment reconnaître la plante au pollen le plus allergisant de l'été, et les bons gestes au jardin.

Hugo Mercier

Par Hugo Mercier

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Du 15 au 30 juin se tiennent les Journées de lutte contre l'ambroisie, la campagne nationale coordonnée par l'Observatoire des ambroisies (FREDON France). Le calendrier n'est pas un hasard : c'est maintenant, avant la floraison de la fin d'été, qu'il faut repérer et arracher cette plante. Son pollen, libéré d'août à octobre, est l'un des plus allergisants connus, et un seul pied peut en relâcher près d'un milliard de grains.

L'ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia) est une invasive d'origine nord-américaine qui colonise les sols nus et remués : bords de champs, chantiers, mais aussi parcelles de jardin laissées à découvert. Avec un été qui a grillé pelouses et massifs et multiplié les zones de terre à nu, elle trouve cette année un terrain idéal. La repérer chez soi et l'éliminer avant qu'elle ne fleurisse, c'est agir à la source.

Feuilles vert clair finement découpées et tiges rougâtres de l'ambroisie à feuilles d'armoise

La feuille d'ambroisie : très découpée, vert tendre des deux côtés, portée par une tige souvent rougâtre et velue. C'est le premier critère de reconnaissance.

Forest & Kim Starr / Wikimedia Commons (CC BY 3.0)

Comment la reconnaître

On la confond souvent avec l'armoise commune, dont elle imite le feuillage. Trois détails les séparent. La feuille d'ambroisie est verte sur ses deux faces, alors que l'armoise est blanche et duveteuse au revers. La tige est velue et vire au rouge. Enfin, l'ambroisie ne dégage aucune odeur quand on froisse ses feuilles, contrairement à l'armoise très aromatique. En été, un pied mesure de 20 centimètres à plus d'un mètre, avec des épis de petites fleurs verdâtres au sommet.

Les bons gestes, maintenant

Tant que la plante n'a pas fleuri, le geste le plus efficace est l'arrachage manuel, racine comprise : elle est annuelle et ne repart pas si on l'enlève entièrement. Sur de petites surfaces, inutile de sortir le moindre désherbant, quelques minutes suffisent. Protégez-vous tout de même, car le contact répété peut provoquer des réactions cutanées : des gants, et un masque si la plante est déjà en fleurs. Ne la mettez pas au compost si elle porte des graines, qui restent viables plus de dix ans dans le sol.

La meilleure prévention tient en une règle : ne pas laisser de terre nue. Un sol couvert d'un paillage ou d'un couvre-sol dense ne laisse aucune place aux pionnières comme l'ambroisie pour germer. C'est l'un des réflexes à intégrer aux travaux de juin, au même titre que le désherbage des allées et des pieds de haie.

Dernier geste utile, et il compte autant que l'arrachage : signaler la plante. La plateforme signalement-ambroisie permet de localiser chaque pied repéré et aide les collectivités à organiser la lutte. Dans de nombreux départements, un arrêté préfectoral rend d'ailleurs la destruction de l'ambroisie obligatoire pour les propriétaires et les gestionnaires de terrains.

Quelques minutes passées à arracher un pied aujourd'hui, ce sont des semaines d'éternuements et de crises d'asthme évitées à tout un quartier à la fin de l'été. À l'échelle d'une commune, la lutte ne fonctionne que si chacun s'y met, jardiniers compris.