À la Sainte Catherine tout bois prend racine : 7 arbres à planter avant le 25 nov

Pommier, poirier, cerisier, noisetier, aubépine, érable champêtre, sorbier : 7 arbres à racines nues à mettre en terre avant la Sainte Catherine, et les 4 gestes qui changent tout.

Hugo Mercier

Par Hugo Mercier

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Le dicton ne ment pas : autour du 25 novembre, la sève redescend, le sol garde encore la chaleur de l'arrière-saison et les pluies d'automne ont détrempé la terre en profondeur. C'est la fenêtre idéale pour planter un arbre à racines nues, qui prendra racine pendant l'hiver et démarrera trois semaines plus tôt qu'un sujet planté en mars. Comptez 7 jours pour réserver vos plants en pépinière, puis ce week-end pour préparer le trou.

Voici 7 arbres à mettre en terre avant la Sainte Catherine, le pourquoi du choix de chacun, et les 4 gestes qui font la différence à la plantation.

Pourquoi viser la Sainte Catherine et pas avant

La date de la Sainte Catherine d'Alexandrie (25 novembre) sert depuis le Moyen Âge de repère agraire pour la plantation des ligneux. La logique tient en trois faits mesurables. Premièrement, le sol est encore à 9-12 °C en surface, soit 3 à 5 °C de plus que début janvier. Les racines fines repoussent tant que le sol reste au-dessus de 5 °C, ce qui donne à votre arbre 6 à 8 semaines d'enracinement actif avant la dormance complète. Deuxièmement, l'humidité naturelle évite les arrosages d'installation : la pluie fait le travail. Troisièmement, les pépinières sortent leurs sujets de plein champ à racines nues à cette période, deux à trois fois moins chers qu'un même sujet en conteneur de 10 litres au printemps suivant.

Planter trop tôt (avant fin octobre) expose les racines à des températures encore élevées qui peuvent dessécher le système racinaire. Planter trop tard (après le 15 décembre) raccourcit la fenêtre d'enracinement avant le froid sec de janvier, et complique le travail du sol gelé.

Les 7 arbres à planter avant le 25 novembre

1. Pommier (Malus domestica)

Le grand classique du verger familial. À racines nues, un scion de 2 ans coûte 15 à 25 euros, contre 60 à 90 euros un sujet équivalent en conteneur au printemps. Choisir une variété adaptée au climat local : Reine des Reinettes, Belle de Boskoop ou Reinette Clochard au nord, Calville ou Court-pendu ailleurs. Voir la fiche Malus domestica sur Tela Botanica et le guide How to grow apples de la RHS pour les associations de pollinisateurs.

2. Poirier (Pyrus communis)

Croissance plus lente que le pommier mais longévité supérieure. Un poirier en plein vent à Williams, Comice ou Conférence produit dès la 4e année et tient 60 à 80 ans. À planter à 5 m d'un autre poirier de variété compatible pour la pollinisation.

3. Cerisier (Prunus avium)

Demande un sol drainé, n'aime pas les terres lourdes en hiver. À racines nues fin novembre, l'enracinement est rapide grâce à un système racinaire pivotant. Variétés tolérantes à la pluie au moment de la maturité : Bigarreau Burlat, Reverchon ou Hedelfingen. Compter 4 à 6 m d'envergure adulte.

4. Noisetier (Corylus avellana)

Petit fruitier polyvalent : récolte de noisettes en septembre, brise-vent l'hiver, refuge pour la mésange et l'écureuil roux toute l'année. Plant à racines nues à 8-15 euros. Tolère mi-ombre, sols pauvres, ne demande quasiment aucune taille les 5 premières années.

5. Aubépine (Crataegus monogyna)

Pour qui veut une haie champêtre dense en 4 ans, plantée à racines nues à 60 cm d'écart. Floraison blanche en mai, fruits rouges en septembre, capacité d'accueil pour la faune insurpassée. Comptez 2 à 4 euros par plant à racines nues, contre 8 à 15 euros en conteneur. Voir la fiche Aubépine sur Wikipedia FR pour la palette d'usages.

6. Érable champêtre (Acer campestre)

L'arbre de bord de chemin par excellence. Croissance rapide les 5 premières années, taille adulte modeste (8-12 m), feuillage dense qui devient or en novembre. Sert souvent en pied de haie haute. Tolère le calcaire, la sécheresse modérée, les sols compacts.

7. Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia)

Pour la biodiversité au jardin : ses grappes de baies rouges nourrissent merles, grives et étourneaux de septembre à janvier. Croissance rapide, floraison blanche en mai, taille adulte 8-15 m, sol indifférent. Le sujet à racines nues s'installe en 30 minutes et donne ses premières baies dès la 3e année.

4 gestes qui font la différence à la plantation

  1. Tremper les racines 6 à 12 h dans l'eau la veille de la plantation. Les racines ont toujours subi un dessèchement entre l'arrachage en pépinière et la livraison, et ce trempage les réhydrate à 95 % de leur capacité d'origine.
  2. Praliner les racines avec un mélange de terre fine, de bouse fraîche (ou compost mûr) et d'eau, en consistance de boue épaisse. La pellicule protège les racines, favorise les premiers cals cicatriciels et apporte une réserve nutritive locale.
  3. Trou large, jamais profond. Visez 60 cm de large minimum sur 40 cm de profond. Le collet (jonction tronc-racines) doit rester au niveau du sol, jamais enterré, sinon la pourriture du collet attend l'arbre dès le premier hiver pluvieux.
  4. Tuteurage en biais, à 45 degrés, du côté des vents dominants. Un tuteur droit collé au tronc abrase l'écorce, un tuteur en biais tient le sujet sans frotter et se retire en 2 ans, le temps que les racines aient ancré l'arbre.

Erreurs classiques à ne pas répéter

  • Acheter en jardinerie un sujet en pot pour planter en novembre. Le sujet en pot a un système racinaire spiralé qui mettra 2 ans à se déspiraliser dans le sol, et coûte 3 à 4 fois plus cher qu'un sujet à racines nues équivalent en pépinière spécialisée.
  • Apporter un engrais minéral dans le trou. Inutile en novembre, voire dangereux : les sels brûlent les racines fines en cours de cicatrisation. Un seau de compost mûr mélangé à la terre extraite suffit.
  • Tasser au pied avec les talons. La terre se met en place naturellement avec l'eau de la première pluie. Tasser à la main léger oui, écraser non.
  • Pailler épais immédiatement. Le paillis isolant (10 cm) en novembre empêche le sol de profiter de la chaleur résiduelle et ralentit l'enracinement. Pailler 3 cm cette semaine, monter à 8 cm fin janvier.

Et après le 25 novembre

Vous pouvez encore planter à racines nues jusqu'à mi-décembre dans la moitié sud, jusqu'à fin novembre dans la moitié nord. Au-delà, le sol gèle régulièrement la nuit, le travail devient pénible et l'enracinement n'a plus le temps de s'amorcer avant le coup de froid sec de janvier. Si vous avez raté la fenêtre, attendez fin février pour relancer un cycle de plantation. Pour la suite logique du calendrier, voir notre que planter en juin et notre fiche lavande pour les bordures complémentaires.