Cerisier : planter à racines nues, polliniser et tailler

Cultiver le cerisier (Prunus avium) : plantation à racines nues en automne, pollinisation par une variété compatible, taille d’été et récolte des cerises.

Hugo Mercier

Par Hugo Mercier

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Planter un cerisier en automne, c’est s’offrir des récoltes de cerises pour des décennies. Prunus avium, le cerisier doux issu du merisier sauvage, est une Rosacée vigoureuse qui se met en place à racines nues d’octobre à mars. Cultiver le cerisier demande surtout d’anticiper deux choses : la pollinisation et une taille au bon moment, car ce Prunus cicatrise mal.

C’est un arbre de plein soleil, généreux mais qui prend de l’ampleur : on le choisit selon son porte-greffe et l’espace disponible. Cette fiche détaille la plantation à racines nues, la question cruciale du pollinisateur, la taille d’été et la récolte.

Carte d’identité du cerisier

Nom scientifiquePrunus avium
Noms communsCerisier, merisier (forme sauvage)
FamilleRosacées
OrigineEurope et Asie occidentale
ExpositionPlein soleil, à l’abri des gelées de printemps
SolProfond, drainé, sans excès d’humidité
PlantationRacines nues d’octobre à mars, hors gel
PollinisationSouvent autostérile : prévoir un pollinisateur
TailleEn août-septembre, après récolte (cicatrise mal)
RécolteDe mai à juillet selon la variété
RusticitéTrès rustique
DifficultéIntermédiaire
Cerises rouges mûres en grappes sur la branche d’un cerisier (Prunus avium)

Le cerisier doux fructifie sur des rameaux courts qui produisent plusieurs années.

NiTenIchiRyu / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

En 3 points

  • Plantez en automne à racines nues : d’octobre à mars, pour un enracinement optimal avant l’été.
  • Vérifiez la pollinisation : beaucoup de variétés sont autostériles et exigent un pollinisateur compatible.
  • Taillez en été, jamais en hiver : les plaies des Prunus cicatrisent mal par temps humide.

Planter le cerisier à racines nues

De octobre à mars, hors gel, installez le cerisier à racines nues dans un sol profond et bien drainé : il déteste l’eau stagnante. Habillez et pralinez les racines, plantez le point de greffe au-dessus du sol, tuteurez et arrosez copieusement. C’est un chantier d’automne idéal, à mener pendant le repos végétatif. Choisissez le porte-greffe selon l’espace : sur Prunus avium franc l’arbre est grand, sur porte-greffe nanisant il reste accessible et adapté aux petits jardins.

Jardinier plantant un jeune arbre dans une terre fraîchement préparée

La plantation d’automne à racines nues donne au cerisier tout l’hiver pour s’enraciner.

Photo patsanannnn / Unsplash

Pollinisation : prévoir une variété compatible

C’est le point de vigilance numéro un. La plupart des cerisiers doux sont autostériles : seuls, ils ne fructifient pas. Il faut un pollinisateur, une seconde variété compatible fleurissant en même temps, à portée des abeilles. Quelques variétés modernes comme Stella ou Sunburst sont autofertiles et fructifient seules, un bon choix pour les petits terrains. Renseignez-vous sur la compatibilité avant l’achat, sous peine d’un bel arbre sans cerises.

Tailler au bon moment

La règle d’or : ne taillez jamais un cerisier en hiver. Les Prunus cicatrisent mal et les tailles humides ouvrent la porte aux maladies comme la gommose ou les chancres. Intervenez en fin d’été, en août-septembre après la récolte, par temps sec, pour limiter et aérer la ramure. Le cerisier fructifie sur des bouquets de mai, des rameaux courts qui produisent plusieurs années : la taille vise surtout à contenir l’arbre et à supprimer le bois mort, sans le mutiler.

Récolter les cerises

La récolte s’étale de mai à juillet selon les variétés, des précoces comme Burlat aux tardives. Cueillez les cerises avec leur queue, par temps sec, quand elles sont pleinement colorées et fermes : elles ne mûrissent plus après la cueillette. Le grand défi reste de les protéger des oiseaux, friands de cerises mûres : filets, effaroucheurs ou simple partage de la récolte. Les cerises se conservent peu, consommez-les vite ou transformez-les.

Problèmes fréquents

  • Pas de fruits : pollinisateur absent ou incompatible, ou gel sur les fleurs au printemps.
  • Mouche de la cerise : asticot dans le fruit. Pièges englués jaunes et variétés précoces, récoltées avant le pic de ponte.
  • Gommose : écoulement de gomme sur le tronc, souvent lié à une taille mal placée ou à l’excès d’eau. Taillez en été, drainez.
  • Moniliose : fruits qui pourrissent et momifient sur l’arbre. Ramassez et éliminez les fruits atteints.

Questions fréquentes

Faut-il deux cerisiers pour avoir des cerises ?
Le plus souvent oui : la majorité des cerisiers doux sont autostériles et ont besoin d’une seconde variété compatible à proximité. Pour un petit jardin ou un seul arbre, choisissez une variété autofertile comme Stella ou Sunburst, qui fructifie sans partenaire.
Pourquoi ne pas tailler le cerisier en hiver ?
Parce que les Prunus cicatrisent mal et que l’humidité hivernale favorise l’entrée de maladies (gommose, chancres) par les plaies de taille. Taillez en fin d’été, après la récolte, par temps sec : les plaies sèchent vite et l’arbre se défend mieux.
Comment protéger les cerises des oiseaux ?
Les filets à mailles fines posés sur l’arbre avant maturité sont les plus efficaces sur les formes basses. Sur les grands arbres, c’est plus difficile : effaroucheurs visuels, ou variétés précoces récoltées tôt. Beaucoup de jardiniers finissent par partager la récolte avec les merles.