Perovskia (sauge de Russie) : la vivace bleue du jardin sec

Cultiver la perovskia (sauge de Russie, Salvia yangii) : plein soleil, sol drainé, aucune eau une fois installée, taille de printemps sévère et longue floraison bleue.

Hugo Mercier

Par Hugo Mercier

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La perovskia, ou sauge de Russie, est la vivace idéale pour qui veut du bleu tout l’été sans rien faire. Cultiver la perovskia, Salvia yangii, reclassée parmi les sauges en 2017 après avoir longtemps porté le nom de Perovskia atriplicifolia, c’est obtenir un nuage bleu-lavande aérien sur un feuillage gris, sur une plante qui ne demande ni eau ni soin une fois enracinée.

Originaire des steppes d’Asie centrale, elle adore le sec, le pauvre et le plein soleil, et ignore les canicules. Son seul ennemi est l’eau stagnante en hiver. Cette fiche détaille où la planter, pourquoi il faut la rabattre court chaque printemps, et comment la distinguer de la lavande à laquelle on la compare souvent.

Carte d’identité de Salvia yangii

Nom scientifiqueSalvia yangii (ex-Perovskia atriplicifolia)
Noms communsPerovskia, sauge de Russie, sauge d’Afghanistan
FamilleLamiacées
OrigineSteppes d’Asie centrale et du Sud-Ouest
ExpositionPlein soleil
SolLéger, drainant, pauvre, calcaire toléré
ArrosageRare une fois installée, déteste l’humidité hivernale
Hauteur1 à 1,2 m en fleur, port aérien
FloraisonPanicules bleu-lavande, de juillet à octobre
FeuillageGris argenté, finement découpé, aromatique
RusticitéTrès rustique, jusqu’à -15 à -20 °C en sol drainé
DifficultéFacile
Touffe de Perovskia (Salvia yangii) en fleur, panicules aériennes bleu-violet sur tiges grises argentées

La perovskia forme un nuage bleu-lavande aérien de juillet à octobre.

Agnieszka Kwiecień (Nova) / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

En 3 points

  • Du bleu tout l’été : ses panicules aériennes fleurissent de juillet aux gelées, au-dessus d’un feuillage gris lumineux.
  • Sobre et rustique : plein soleil, sol pauvre et sec, aucune eau une fois installée, et elle encaisse -15 °C.
  • Rabattez-la court : une taille sévère au printemps est la clé d’une touffe dense et bien fleurie.

Où planter la perovskia

Réservez-lui le plein soleil et un sol drainant, même pauvre, sableux ou calcaire. Comme les autres méditerranéennes, elle ne craint qu’une chose : l’humidité stagnante en hiver, qui fait pourrir sa souche. En terre lourde, plantez sur une butte ou incorporez du gravier. Elle excelle dans un jardin sec sans arrosage, en massif, en haie basse libre ou en grand pot très drainé. Espacez les pieds de 60 à 80 cm, car la touffe s’étoffe vite.

Tailler, le geste essentiel

La perovskia fleurit sur le bois de l’année : c’est pourquoi la taille de printemps est décisive. Au démarrage de la végétation, rabattez toute la touffe à 15-20 cm du sol, sans hésiter. Cette coupe sévère provoque le départ de nombreuses tiges vigoureuses, donc une floraison dense. Sans taille, la plante se dégarnit de la base, s’ouvre et fleurit moins. Ne taillez pas en automne : les tiges sèches protègent la souche et restent décoratives en hiver.

Massif de lavande en pleine floraison violette en plein soleil

La perovskia s’associe à la lavande et aux graminées dans les massifs de plein soleil.

Photo Jan Canty / Unsplash

Arrosage et entretien

La première année, quelques arrosages espacés aident à l’enracinement. Ensuite, n’arrosez plus : la perovskia puise loin et traverse les étés secs sans broncher. Elle n’a pas besoin d’engrais, un sol trop riche la fait même filer et coucher ses tiges. En climat très froid, un paillage léger au pied protège la souche, mais le drainage reste la meilleure des assurances. C’est une plante saluée pour sa robustesse et désignée vivace de l’année 1995 aux États-Unis.

Multiplier la perovskia

Le bouturage de tiges semi-aoûtées en été donne de bons résultats, tout comme la division des touffes au printemps, qui rajeunit les vieux pieds. La plante drageonne parfois légèrement : il suffit alors de prélever les rejets enracinés en périphérie pour obtenir de nouveaux plants gratuits.

Perovskia ou lavande ?

On les confond souvent, car toutes deux offrent du bleu, du gris et du parfum au soleil. Mais la perovskia est plus haute et plus aérienne, fleurit plus tard et plus longtemps, et résiste à un froid plus vif que la plupart des lavandes. Son feuillage est découpé, là où celui de la lavande est en fines lanières. Les deux se complètent à merveille dans un massif sec, la lavande en premier plan, la perovskia en toile de fond vaporeuse.

Questions fréquentes

Quand et comment tailler la perovskia ?
Rabattez toute la touffe à 15-20 cm du sol au début du printemps, quand les bourgeons repartent à la base. Cette taille sévère est indispensable : la plante fleurit sur les pousses de l’année. Ne taillez pas en automne, les tiges sèches protègent la souche et restent graphiques tout l’hiver.
La perovskia est-elle vraiment une sauge ?
Oui, depuis 2017. Les analyses génétiques ont montré que le genre Perovskia était niché au sein des Salvia : la plante s’appelle désormais Salvia yangii. Le nom Perovskia atriplicifolia reste très utilisé dans le commerce et reste parfaitement compréhensible.
La perovskia pousse-t-elle en pot ?
Oui, dans un grand contenant très drainé, avec un substrat sableux et sans soucoupe qui retiendrait l’eau. C’est sa hantise de l’humidité hivernale qu’il faut gérer : protégez le pot de la pluie battante en hiver et ne l’arrosez quasiment pas.