Romarin : cultivars, plantation, taille et bouturage

Tout sur le romarin (Salvia rosmarinus, ex Rosmarinus officinalis) : plein soleil, sol drainé, floraison hivernale mellifère, taille après floraison jamais dans le vieux bois, bouturage en septembre.

Hugo Mercier

Par Hugo Mercier

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Le romarin, rebaptisé Salvia rosmarinus depuis 2017 (anciennement Rosmarinus officinalis), a été intégré au genre Salvia à la suite des analyses phylogénétiques récentes (voir la fiche POWO de Salvia rosmarinus). Cet arbuste méditerranéen persistant fleurit en plein hiver, parfois dès décembre, ce qui en fait une ressource précieuse pour les abeilles à une saison où presque rien ne fleurit.

Cette fiche vous dit tout sur ce reclassement botanique, les cultivars dressés ou rampants à choisir selon l'usage, la taille annuelle après floraison (jamais dans le vieux bois), le bouturage en septembre et les conditions qui le rendent increvable ou fragile. Vous verrez aussi pourquoi un romarin en pot en région parisienne mourra si on le laisse sous la pluie d'hiver.

Carte d'identité du romarin

Nom scientifiqueSalvia rosmarinus (ex Rosmarinus officinalis)
Noms communsRomarin, herbe aux couronnes, encensier
FamilleLamiacées
OriginePourtour méditerranéen, garrigues sèches et rocailleuses
ExpositionPlein soleil, 6 à 8 heures par jour
ArrosageRare, supporte très bien la sécheresse une fois établi
SolPauvre, caillouteux, très bien drainé, calcaire de préférence
Hauteur80 cm à 1,50 m selon cultivars, port dressé ou rampant
FloraisonDécembre à mai, fleurs bleu pâle à violet clair
Rusticité-10 à -15 °C en climat doux, -5 °C ailleurs
ToxicitéNon toxique, aromatique et médicinal
DifficultéFacile au sec, délicat en climat humide ou froid
Fleur de romarin bleu pâle avec abeille butinant, Salvia rosmarinus en pleine floraison printanière

Salvia rosmarinus en fleur, avec abeille butinant : le romarin est un mellifère précieux en hiver et au printemps.

Photo Luciani Koroshec / Unsplash

En 3 points

  • Reclassé en Salvia rosmarinus en 2017, le romarin n'est plus un genre à part : il rejoint les sauges sur la base de l'analyse génétique.
  • Il fleurit en hiver et au printemps, de décembre à mai selon les régions, offrant nectar et pollen aux pollinisateurs à une saison pauvre.
  • La taille se fait après la floraison et jamais dans le vieux bois : sur branches défoliées, le romarin ne repousse pas.

Pourquoi ce changement de nom ?

Jusqu'en 2017, le romarin était classé dans un genre à lui, Rosmarinus, aux côtés de deux espèces proches. Les analyses moléculaires menées depuis les années 2000 ont montré que ce genre était imbriqué dans le genre Salvia (les sauges), rendant Rosmarinus artificiellement distinct. La révision officielle a reclassé l'espèce en Salvia rosmarinus, nom désormais admis par Kew, POWO, Tela Botanica et la quasi-totalité des flores de référence.

Concrètement, pour vous, cela ne change rien à la culture. Mais si vous achetez un plant étiqueté Rosmarinus officinalis, sachez que c'est le même arbuste sous l'ancien nom. Les synonymes coexisteront encore longtemps chez les pépiniéristes.

Cultivars : dressés ou rampants

Le romarin classique, à port dressé et buissonnant, atteint 1,20 à 1,50 m de haut et autant de large en climat doux. Les cultivars recommandés :

  • 'Miss Jessopp's Upright' : port très vertical, 1,50 m de haut, idéal pour haie basse ou fond de massif.
  • 'Tuscan Blue' : tiges raides, feuillage large, floraison bleu profond, saveur puissante en cuisine.
  • 'Arp' : le plus rustique (résiste jusqu'à -18 °C), à privilégier dans les zones à hivers francs.

Les cultivars à port rampant ou retombant sont parfaits en haut de muret, sur une jardinière en suspension, ou en rocaille :

  • 'Prostratus' : retombant jusqu'à 50 cm, superbe en débordement.
  • 'Corsican Blue' : port semi-rampant, floraison bleu franc très décorative.

Dans un massif méditerranéen, associez-le à la lavande et à l'olivier en pot pour un ensemble cohérent à faible besoin en eau.

Plantation : où et quand

Le romarin se plante en mars-avril après les dernières grosses gelées, ou en septembre-octobre dans les régions aux hivers doux pour un enracinement automnal. Choisissez l'emplacement le plus chaud et le plus sec : pied de mur sud, fond de jardin ensoleillé, rocaille.

Le drainage est la clé. En terre argileuse ou limoneuse lourde, plantez sur une butte surélevée de 20 à 30 cm, avec mélange sable-gravier en fond de trou. N'apportez pas de compost : un sol pauvre renforce la rusticité et concentre les huiles essentielles dans les feuilles.

En climat doux méditerranéen ou atlantique, le romarin en pleine terre passe l'hiver sans protection. Au-delà d'une latitude Nantes-Lyon, préférez la culture en pot (bac de 40 cm minimum) pour pouvoir le rentrer sous abri non chauffé en hiver, ou un paillage épais au pied les années froides.

Arrosage et fertilisation

La première année, arrosez modérément une fois par semaine en été pour aider l'installation des racines. Ensuite, le romarin adulte en pleine terre se passe d'arrosage dans la grande majorité des cas : il va chercher l'humidité en profondeur avec son système racinaire puissant.

En pot, arrosez dès que le substrat est sec sur 5 cm de profondeur, soit tous les 5 à 10 jours en été, tous les 15 à 20 jours en hiver. Jamais de soucoupe pleine d'eau : le romarin en pot meurt plus souvent d'excès d'eau que de sécheresse. La pourriture racinaire des plantes cultivées est le risque principal.

Aucun apport d'engrais n'est nécessaire en pleine terre. En pot, un engrais liquide faible dose tous les 2 mois de mars à septembre suffit largement.

Floraison hivernale et abeilles

Le romarin a la particularité de fleurir en hiver, de décembre en climat méditerranéen à mai en climat plus frais. Les petites fleurs bleu pâle à violet clair sortent par vagues successives. C'est un mellifère remarquable à une saison où presque rien d'autre ne fleurit : les abeilles domestiques et sauvages qui sortent par une journée douce de février ou mars y trouvent nectar et pollen.

Planter du romarin, c'est offrir un relais nourricier aux pollinisateurs entre la floraison du lierre en automne et celle des premiers arbres fruitiers au printemps. Dans un jardin sec orienté biodiversité, c'est une plante-clé.

Tailler sans tuer l'arbuste

La taille du romarin se fait après la floraison, soit en avril-mai-juin selon les régions. Rabattez les jeunes pousses défleuries d'un tiers, en conservant toujours des feuilles sur chaque tige taillée. La règle absolue : ne jamais tailler dans le vieux bois (branches ligneuses sans feuilles), car le romarin ne repousse pas sur bois nu.

Profitez de la taille pour bouturer. Le bouturage en septembre est le plus fiable : prélevez des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, retirez les feuilles du bas, plantez dans un godet de terreau sableux à l'ombre claire, maintenez humide (pas détrempé). Reprise en 4 à 6 semaines, taux de succès de 70 à 80 %.

Un pied non taillé peut devenir énorme en climat doux (2 m de diamètre, arbuste de fond de massif) et mérite sa place en sujet isolé.

Questions fréquentes

Pourquoi mon romarin meurt en hiver en région parisienne ?
Deux causes cumulables. Le froid excessif (sous -10 °C pour les cultivars standards, même si 'Arp' tient -18 °C) et surtout l'humidité hivernale qui provoque le pourrissement des racines. Solutions : plantation sur butte drainée, paillage minéral, ou culture en pot à rentrer sous véranda non chauffée ou contre un mur sud. Choisissez le cultivar 'Arp' dans les régions les plus froides.
Peut-on utiliser les fleurs de romarin en cuisine ?
Oui, elles sont délicates et joliment bleues, parfaites pour une salade ou en décoration d'un plat. Le goût est un peu plus doux que celui des feuilles. Récoltez-les fraîches le matin, elles ne se conservent pas séchées. Laissez quand même la majorité aux abeilles qui en dépendent en fin d'hiver.
Romarin dressé ou rampant pour un muret ?
Choisissez un cultivar rampant ou retombant ('Prostratus', 'Corsican Blue'). Il débordera en cascade jusqu'à 50 cm sous la plantation, effet visuel très réussi et parfumé au passage. Les cultivars dressés ('Miss Jessopp's Upright', 'Tuscan Blue') sont à réserver aux haies basses, fonds de massif ou sujets isolés où leur port vertical fait effet.
Comment conserver le romarin en cuisine ?
Le romarin garde très bien son parfum séché, contrairement au basilic. Suspendez des bouquets dans un endroit aéré et sombre pendant 2 à 3 semaines, puis effeuillez et conservez en bocal hermétique. Il tient 18 mois sans perdre ses arômes. Le romarin frais peut aussi se congeler entier ou haché dans des bacs à glaçons avec un peu d'huile d'olive.